La décarbonation
L'OCDE qui a analysé les tendances des émissions a montré que les émissions maritimes mondiales sont passées de 889,5 millions de tonnes de CO2 en 2019 à 972,8 millions de tonnes en 2024, soit une augmentation de 9,3 %. La croissance du PIB mondial est le principal facteur d’augmentation de ces émissions les émissions. La Banque mondiale a estimé que le PIB mondial a augmenté de 15,4 % sur 2019-24, les mesures d'efficacité énergétique ne compensant qu’en partie cette hausse.

Depuis le début de la surveillance en 2018, les émissions des navires faisant escale dans les ports de l'EEE ont diminué en fonction de la pandémie de Covid-19 en 2020-21, avant de revenir aux niveaux de 2018 en 2024.

source : BRS
Après la mise en application en 2024 des quotas carbones (SEQE/ETS) au transport maritime, 2025 a vu le prix moyen du carbone passer de 66,55 €/t en 2024 à 74,90 €/t, finissant l’année à 88,9 €/t. La règle d'inclusion progressive a fait passer l'obligation de cession de quotas de de 40 % à 70 % ; et enfin, l'Europe a imposé une seconde taxe carbone via le règlement maritime FuelEU sur les navires faisant escale dans les ports de l'Espace économique européen.
En contrepartie, 2025 a vu en France le fléchage des revenus de l’ETS vers la décarbonation maritime. Le GICAN, l’Union des Ports Français et Armateurs de France ont élaboré un Plan Stratégique de la Décarbonation du Maritime et mis en place un groupe de travail public-privé chargé de définir les modalités opérationnelles du dispositif. Cette dynamique s’est traduite par l’inscription, dans la loi de finances pour 2026, de 70 M€ dédiés aux projets de décarbonation maritime.
Bien que plus ambitieuse que la version de 2018, la stratégie révisée de l'OMI de 2023 pêchait encore par manque d'une taxe carbone. Lors de la 83e session du MEPC en avril 2025, après deux années supplémentaires de négociations, les membres de l'OMI ont finalement accepté en principe un accord sur le Cadre Net-Zéro (NZF). Cependant, l’opposition vigoureuse de certains pays dont l'Arabie saoudite et les États-Unis a entraîné un report d'un an dans son adoption

source : DNV
En matière de construction navale, les interrogations sur le choix de la propulsion subsistent, au vue des trajectoires imposées de décarbonation jusqu’en 2050. Le gaz naturel liquéfié (GNL), le méthanol et l'ammoniac restent les principaux carburants alternatifs, le choix étant entre des systèmes entièrement équipés face aux solutions plus flexibles – et moins coûteuses – prêtes à double carburant. Le GNL dual/fuel s’est récemment développé, alimenté par des préoccupations persistantes sur l'approvisionnement en méthanol vert et les inconnues sur l’ammoniaque.
Sur les 2403 navires commandés en 2025, 275 sont conçus pour fonctionner avec des carburants alternatifs dont 188 au GNL et 61 au méthanol. Avec plus de 800 navires capables de fonctionner au GNL, complétés par 700 transporteurs de GNL utilisant du gaz d'évaporation comme carburant, le GNL a gagné une place importante dans la flotte mondiale. Cette présence devrait encore croître, avec plus de 600 navires au GNL supplémentaires et près de 300 transporteurs de GNL actuellement en commande. Parallèlement, 22 navires de soutage GNL ont été ajoutés au carnet de commandes en 2025, aux côtés de nouvelles unités capables de distribuer du méthanol et des biocarburants,
Adoptée initialement pour respecter les normes Sox et Nox des carburants maritimes et réduire les coûts, la propulsion au GNL constitue également une solution intermédiaire pour respecter les normes d’émissions de GES (Fuel EUMaritime et IMO NZF) jusqu’aux alentours de 2035, variable suivant le type de motorisation. Au-delà de l'horizon de conformité pour le GNL, les navires devront progressivement utiliser de plus en plus (bio- ou e-carburants) pour répondre aux exigences réglementaires. Selon les prévisions actuelles de production et la consommation énergétique actuelle, la flotte maritime exigerait environ un tiers de la capacité de production mondialede carburants à faible GES, alors qu'elle représente aujourd'hui seulement 3 % de la consommation énergétique globale.

source : Coalition New Energies